Ce film russe tourné en Lettonie et produit en France pourrait faire gagner l’Oscar à… la France

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Plus de trois décennies que la France n’a pas ramené chez elle l’Oscar du meilleur film international. Cette année, le comité de sélection se retrouve coincé dans un dilemme encore plus tordu que d’habitude : envoyer un vrai film tricolore ou miser sur Minotaure, le thriller glacial d’un cinéaste russe exilé qui a tout explosé à Cannes. Un choix qui sent déjà le débat de geeks cinéphiles autour d’un café.

Minotaure, l’outsider qui profite des nouvelles règles de l’Academy

Andreï Zviaguintsev, le réalisateur de Leviathan et Faute d’amour, vit en France sous statut d’asile. Son dernier opus, coproduit principalement par des sociétés françaises avec un soupçon de Lettonie et d’Allemagne, dénonce la corruption et le régime de Poutine sur fond de guerre en Ukraine. L’Academy a modifié ses critères depuis 2025 : un pays peut désormais présenter un film si le contrôle créatif est majoritairement entre les mains de ses citoyens, résidents ou cinéastes réfugiés. Zviaguintsev coche toutes les cases. Le Grand Prix à Cannes en mai ne lui ouvre pas la porte automatique comme une Palme d’or l’aurait fait, donc tout repose sur le comité français. L’Allemagne et la Lettonie ont déjà choisi leurs champions, la Russie n’enverra jamais ça. Si Paris passe son tour, le film risque de se retrouver orphelin, comme ce fut le cas pour d’autres pépites internationales récemment. Un scénario qui rappelle que le cinéma, c’est aussi une affaire de géopolitique et de destins d’artistes.

Farhadi, Hamaguchi et les pépites made in France : le plateau se vide

Asghar Farhadi, double oscarisé, a tourné Histoires parallèles en français avec un casting de rêve (Huppert, Efira, Cassel, Niney). Présenté à Cannes, il n’a même pas été soumis au comité. Ryusuke Hamaguchi, lui, a fait Soudain en français et japonais, produit en grande partie ici, événement cannois avec un prix d’interprétation partagé. Mais le Japon l’a récupéré pour sa propre candidature. Reste le peloton local : L’Inconnue d’Arthur Harari, La Gradiva de Marine Atlan, Notre Salut d’Emmanuel Marre (prix du scénario à Cannes), le nouveau Giannoli Les Rayons et les Ombres. Côté animation, toujours une force française, In Waves de Phuong Mai Nguyen et Le Corset de Louis Clichy, qui a cartonnée en Un Certain Regard. Un choix cornélien entre univers politiques brûlants et récits plus classiques. Les fans de récits denses et de cinéastes qui ont quelque chose à raconter ont de quoi se régaler, mais le comité va devoir trancher vite.

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Trente ans de sécheresse : chaque choix devient un test de courage

La France n’a plus gagné depuis Indochine en 1993. Les dernières tentatives laissent des traces. L’an dernier, envoyer le film de Jafar Panahi plutôt qu’un français pur jus a surpris, mais ça a payé avec deux nominations. Avant ça, le comité avait zappé Anatomie d’une chute pour un autre titre, et on connaît la suite : cinq nominations et un Oscar de scénario pour Justine Triet. Emilia Pérez a récolté 13 nominations mais pas la statuette internationale. Cette fois, avec un réalisateur au pedigree mondial, un Grand Prix cannois et une histoire qui résonne politiquement aux States, Minotaure a un avantage que peu de concurrents peuvent matcher. Le comité, présidé par Charles Tesson, établit sa shortlist le 10 septembre avant d’auditionner le 16. Privilégier un film en langue française ou défendre un dissident que la France a accueilli et largement financé ? Le débat est ouvert, et il promet d’être savoureux pour tous ceux qui suivent le 7e art comme une série au long cours.

On verra bien si Paris ose le coup de poker ou reste dans sa zone de confort. En attendant, les univers narratifs de ces films, qu’ils parlent de corruption, d’infidélité ou de résistance, ont déjà de quoi nourrir de longues discussions entre cinéphiles.

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