Imaginez un A320 qui vole uniquement à l’eau : Le bond d’Airbus vers l’aviation du futur

Airbus révolutionne ses pratiques en décidant de concevoir ses propres moteurs d’avion. Plutôt que de s’en remettre exclusivement à des spécialistes comme Rolls-Royce ou GE Aerospace, le constructeur européen s’allie à l’allemand MTU Aero Engines pour lancer une coentreprise d’une valeur supérieure à 1,2 milliard d’euros. Cette entité, détenue à 75 % par Airbus, devrait démarrer ses opérations en 2027 et se concentrer sur la propulsion 100 % électrique à hydrogène via piles à combustible.
Une alliance stratégique pour dominer la propulsion de demain
Cette collaboration marque un tournant majeur pour Airbus qui, jusqu’ici, se limitait à l’assemblage final des appareils. Avec MTU, le duo vise à créer un acteur européen capable de transformer des recherches avancées en systèmes de propulsion industriels et certifiables. Bruno Fichefeux, directeur des programmes futurs chez Airbus, souligne l’objectif de garantir une souveraineté stratégique dans les technologies aéronautiques de nouvelle génération. L’accord, qui suit un mémorandum de 2025, doit encore recevoir les approbations réglementaires nécessaires.
La pile à combustible choisie pour zéro émission polluante
Airbus a opté pour la technologie de la pile à combustible plutôt que la combustion directe d’hydrogène. Dans ce système, une réaction électrochimique entre l’hydrogène et l’oxygène de l’air génère de l’électricité qui alimente ensuite des moteurs électriques. Contrairement à la combustion, qui produit des oxydes d’azote, cette solution n’émet que de la vapeur d’eau. Les progrès récents en tests de prototypes et en stockage cryogénique ont validé cette voie pour un avion commercial zéro émission. Stefan Weber de MTU insiste sur la volonté de couvrir l’intégralité du cycle de vie des moteurs, du développement à la commercialisation.
Un horizon réaliste repoussé vers 2040-2045
Si la coentreprise prend forme rapidement, le premier vol commercial reste lointain. Airbus a ajusté ses ambitions initiales de 2035 vers 2040-2045 en raison du retard dans la production d’hydrogène propre à grande échelle et des adaptations indispensables des infrastructures aéroportuaires. Le projet ZEROe bénéficie de ces avancées tout en soulignant les défis de l’écosystème hydrogène mondial. Cette patience nécessaire n’empêche pas l’initiative de poser les fondements d’une aviation plus durable.






