L’Europe déclare la guerre à Starlink : 2/3 des fréquences confisquées, Amazon aussi visé

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L’Europe ne plaisante plus avec sa souveraineté numérique. Face à l’emprise grandissante de Starlink et des projets américains comme celui d’Amazon, Bruxelles vient de prendre une décision ferme : réserver la majeure partie d’une bande de fréquences stratégique aux opérateurs du continent.

Une répartition claire qui favorise les acteurs européens

La bande 2 GHz, utilisée pour les services mobiles par satellite, se compose de deux segments allant de 1980 à 2010 MHz en liaison montante et de 2170 à 2200 MHz en liaison descendante. La Commission européenne a opté pour une répartition qui alloue environ les deux tiers de ce spectre aux entreprises européennes. Le tiers restant reste ouvert à la concurrence internationale, permettant à des acteurs comme Starlink de SpaceX ou le projet d’Amazon de tenter leur chance, tout comme les opérateurs britanniques ou norvégiens. Cette approche équilibrée vise à éviter une dépendance totale tout en protégeant les intérêts locaux.

Direct-to-device : une technologie essentielle pour la couverture étendue

Cette bande de fréquences joue un rôle clé dans le développement des connexions directes entre satellites et smartphones standards, sans antenne supplémentaire. Elle permet d’assurer une connectivité fiable dans les zones rurales, en mer ou même en vol, en complément des réseaux terrestres traditionnels. Si elle ne suffit pas seule pour des services massifs comme l’internet fixe par satellite, son contrôle représente un atout majeur pour les opérateurs mobiles européens qui pourraient intégrer des solutions intégrées à leurs forfaits habituels.

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IRIS², le projet européen qui réécrit les règles du jeu

Le grand bénéficiaire de cette manœuvre reste IRIS², la constellation souveraine de l’Union européenne portée par le consortium SpaceRISE. Dotée d’environ 290 satellites multi-orbites, elle bénéficie d’une concession de douze ans estimée à plus de 10 milliards d’euros, dont une part significative de financements publics. Les services gouvernementaux devraient voir le jour vers 2030, offrant une alternative sécurisée à la dépendance observée lors du conflit en Ukraine. Dans un contexte marqué par le retour de tensions transatlantiques, cette décision s’inscrit dans une stratégie plus large de réduction des vulnérabilités technologiques, sans pour autant fermer complètement la porte aux solutions américaines.

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