À nos amours : le choc des cultures franco-japonaises !

Marre des récits de super-héros et autres personnages à la vie de dingue, entre bastons et boules de feu ? Notre petit quotidien de simples mortels peut être le tableau d’histoires rocambolesques, et il faut avouer que ça fait du bien de voir que la galère est une chose universelle. Alors, Tobye a eu envie de vous présenter un manga un peu spécial : depuis mars 2017, les éditions Kana proposent le premier tome de « À nos amours » de Jean-Paul Nishi, de son vrai nom Taku Nishimura. Le mangaka japonais est connu en particulier pour sa série en trois tomes qui relatent son expérience dans la capitale française avec humour et dérision.

Dans ce premier tome, l’auteur japonais nous raconte à travers ses dessins, des nouveaux moments de sa vie, d’autant plus intimes : depuis sa rencontre avec sa femme Karen, une française, et la naissance de leur petit garçon ! Bref, le manga est composé de plusieurs petits épisodes qui illustrent avec humour le quotidien d’un couple mixte, de parents et aussi des petites différences culturelles japonaises/françaises, qui peuvent étonner les copains nippons et inversement !

 A nos amours, et à la tienne Jean-Paul !

Petit portrait de famille

Aux premières pages du manga, nous rencontrons d’abord Jean-Paul en célibataire trentenaire, peu enclin aux méthodes de drague occidentale et en galère avec la gent féminine. Puis, il devient en un frôlement d’épaule, maqué avec une française rock’n’roll et … BOUM ça fait des chocapics ! En fait, ça fait surtout un bébé, dont je tairai le prénom, car il fait l’objet d’un épisode assez épique ! Loin d’un délire égocentrique, l’auteur nous livre son expérience personnelle à travers des anecdotes croquantes et avec beaucoup d’autodérision. Entre les joies de la paternité (il faut dire que c’est un thème plus que d’actualité au sein des trolls !), le quotidien d’un couple mixte et les étrangetés culturelles que cela entraîne, à l’image de l’éternel débat de la bise ou pas bise, en passant par une marque de pâté pour chat japonaise à l’appellation douteuse, et j’en passe !

Malgré un genre qui n’est pas bien original, J.-P a su éviter les stéréotypes et donner un rythme singulier à son manga qui est ponctué de plusieurs épisodes plus ou moins courts, autour de différents sujets. La grande force du manga est son ton, avec un humour piquant et le regard décomplexé d’un mari, d’un père, d’un mangaka, d’un gars quelque peu dépassé par la nouvelle technologie, d’un pseudo-spécialiste en udon… Bref, d’un Super Jean-Paul sous différentes casquettes qui arrive à nous attendrir et nous faire marrer à la fois.

A nos amours, et nos emmerdes ?

Le graphisme est un autre atout du manga (selon l’humble avis de Tobye, dont on connaît l’attachement à la découverte d’artiste au dessin atypique), les dessins sont simples entre le manga et des traits plus burlesques qui semblent inspirés des caricatures. Le chara design est tout aussi intéressant, on sent que l’auteur cherche à donner à chacun de ses personnages des caractéristiques et des traits qui leur sont propres. De plus, l’effet comique qui rythme l’œuvre se transmet en partie à travers la représentation des émotions des personnages, grâce à des mimiques accentuées et des effets de mouvements qui rendent certains passages hilarants.

Héros d’un autre genre….

Face à ces scènes du quotidien, on arrive facilement à se retrouver dans certaines situations (oui, bon d’accord, si tu as 16 piges, c’est un peu compliqué !) et surtout on s’attache à cette sympathique famille. On aime lire les pensées de J.-P sur différents moments de sa vie, les débats de ce couple haut perché et l’évolution de leur petit bout, de sa naissance jusqu’à son entrée à la crèche entouré d’autres bambins aux joues joufflues, mais qui sont vachement moins géniaux. Cet attachement se crée aussi car l’auteur a réussi à équilibrer son scénario, même s’il reste assez simple, et ses dessins, afin que le lecteur ne soit pas face à un précis de la vie de famille et de l’éducation (parce que Jean-Paul n’a pas vrillé en Jean-Jacques) mais devant une série humoristique.

« À nos amours », c’est le manga qui rend le banal génial. Jean-Paul Nishi nous dessine sa vie avec un regard affectueux et plein d’autodérision, et c’est pour ça qu’on l’aime ! Avec des dessins simples et efficaces, le manga nous invite à passer un bon moment à travers les péripéties hilarantes de cette petite famille. C’est frais, c’est drôle et attendrissant, donc je conseille vivement ce premier tome, d’autant plus que le second est prévu pour septembre 2017 !

You talkin’ to me ?

Tobye

C'est dans les vallées vigneronnes de l'Entre-deux-Mers que se trouve l'antre de Tobye, jeune trolle du Cri. Entourée de mangas et autres vieux bouquins, elle aime se perdre dans les méandres de l'internet à la recherche de pépites à se mettre sous la dent. Un godet de pinard à la main, évidement.