Descender tome 2 : alunissage réussi

9782365778251_pgIl y a quelques mois de cela, je découvris un peu par hasard le travail de Jeff Lemire grâce au premier opus de Descender, un comics de sf édité chez Urban Comics. Salement accroché par cette œuvre, j’en avais fait un article particulièrement élogieux avant de me mettre en quête d’autres bandes-dessinées réalisées par un scénariste, qui, j’en suis maintenant convaincu, est déjà une figure à suivre du neuvième art. Après avoir dévoré Sweet tooth ou encore Trillium, il m’était difficile de passer à côté du deuxième tome de la série (sorti hier) par laquelle tout avait commencé. Rien que ça.

Rappelez-vous (ou relisez ma critique consacrée au premier épisode) : dans un lointain futur, l’humanité, unie avec d’autres races extraterrestres au sein d’une confédération, est soudainement ravagée par l’attaque de titanesques robots nommés moissonneurs.  Leur origine demeure inconnue et les Hommes vivent dans la peur d’une nouvelle attaque.  Face à cette catastrophe, des groupes désirent exterminer leurs robotiques alliés de naguère. L’un d’entre eux, un petit androïde nommé Tim-21, étonnamment humain, capable d’empathie, semble être la clé qui permettra de percer le mystère des moissonneurs…

J’avais souligné que, si Étoile de métal m’avait emballé, la richesse de l’intrigue devait être confirmée par la suite. Or, de ce point de vue, la plupart de mes craintes ont été balayées par Lune mécanique qui non seulement fait intervenir de nouveaux protagonistes extrêmement intéressants, mais clarifie également un certain nombre de points obscurs. Plus abouti dans sa volonté de faire réfléchir sur l’être-machine, dans la lignée de K. Dick ou de l’excellente série Real Humans, le second tome de Descender renverse les paradigmes d’une science-fiction qui tombe trop souvent dans la facilité dès qu’il s’agit de parler de robots. L’histoire promet encore moult rebondissements et cet épisode se finit d’ailleurs sur un cliffhanger assez insoutenable.

Lemire par ci, Lemire par là, on en oublierait presque le travail formidable de Dustin Nguyen. Ne vous y trompez pas, Descender doit tout autant son charme (l’intrigue, bien qu’excellente, n’atteignant pas le niveau d’un Trillium) aux dessins et couleurs de ce dernier.  Poésie spatiale de planètes perdues et de machines rêveuses  qui nous parle de famille et d’humanité, Descender est littéralement transcendé par son esthétique si particulière.

Lune mécanique confirme tout simplement  que le travail de Jeff Lemire et Dustin Nguyen est à suivre absolument pour tout bon fan de sf et de bande-dessinée qui se respecte.

Graour

Errant dans les mondes vidéoludiques depuis mon plus jeune âge, j'y ai développé quelques troubles psychiques. Mais rien de grave, rassurez-vous. D'ailleurs, pour me remettre les idées en place, je lis du Lovecraft, fais des soirées Alien et imite Gollum à mes heures perdues. Tout va bien.