Furi : Mad Narf Furi Road

En Juillet dernier sortait sur PS4 et PC un certain Furi. Concocté par les Français de The Game Bakers (COCORICO MORBLEU !!), Furi est une perle rare. Il y pointe en effet la poésie d’un Journey, avec ces longs moments de calme contemplatif. Un Journey qui se serait quand même salement dopé aux hormones de Super Saiyan hyperactif entre deux balades, du genre à vouloir péter les dents à tout ce qui se met en travers de sa route. Bah oui, parce que Furi c’est un boss-rush en fait. Je vous l’avais pas dit ?

Alors musclez vous les pouces ! Aiguisez les katanas, allumez votre cyber-armure et faites chauffer le pistolaser.
On a des gardiens de mitard à suriner.


Suis le lapin violet…

L’histoire de Furi est en effet très simple : vous êtes prisonnier, un homme à masque de lapin violet vous libère et vous informe que pour retourner à la liberté, il vous faudra faire roter du sang à tous les gardiens qui croiseront votre route. Si l’on remarque très rapidement que les graphismes sont très, très loin d’un bon niveau, malgré un cell-shading plutôt cool, on ne peut qu’être admiratif devant la direction artistique, et particulièrement le chara-design, réalisé par Takashi Okazaki l’homme derrière Afro Samuraï, et ça se sent. Y a rien à dire, chaque personnage pète la classe et rote le swagg, même ce type étrange au masque de lapin violet qui vous sert de compagnon tout au long du jeu. Derrière ces graphismes à la truelle, il y a tout de même un excellent framerate sans chutes. Et ça c’est beau dans un jeu pareil, qui demande beaucoup de votre coordination et de vos adductor pollicis.

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Exemple de truc moche, rattrapé par une direction artistique au poil.
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Sinon, j’t’ai raconté la fois où ce boss a mangé un kebab ?

Si l’histoire en elle-même et ses mystères ne se révèlent que dans le chapitre final du jeu, reste que notre héros silencieux (pour ne pas dire muet) se tape tout au long de ses errements la présence d’un lapin violet à ses cotés, qui servira de narrateur, de guide, d’ami, et exposera bien souvent le passé du boss que l’on se prépare à affronter. Et, notez le bien, c’est peut-être la seule fois que vous verrez ces mots dans un de mes papiers, mais je vous conseille la V.F.
Le jeu est doublé en Anglais/Français/Japonais, et y ayant joué dans les trois versions, je ne peux que vous recommander la V.F., vraiment réussie, et portée par des comédiens de doublage que l’on reconnait dès les premiers mots. Bon, vous allez pas les entendre constamment, le jeu reste principalement taiseux. Mais dans le vide de nos déambulations, alors que l’on parcourt le chemin pour aller jusqu’au prochain boss, la voix suave du lapin nous berce calmement, dans des moments de pause bienvenus entre deux affrontements épiques.

Une dernière chose à dire sur le scénar, qui se révèle comme je le disais dans la dernière ligne droite. Un final qui va amener une prise de décision, influencée par les combats vécus, et les sentiments ressentis lors de notre voyage vidéoludique. Un jeu qui nous implique directement, nous, le joueur, dans ce choix final qu’on ne calcule pas, et que l’on fait uniquement basé sur notre expérience.
Et pour ça, je dis un grand bravo. Une bonne narration de jeu vidéo, couplé à un gameplay qui tue, ça n’arrive pas souvent, mais c’est bien le cas ici !

« L’excellence n’est pas un art, c’est une habitude. »

Le gameplay de Furi est simple comme konichiwa : un bouton de dash, un bouton de parade, qui vous permet d’ailleurs de récupérer un peu de vie si elle est réussie, un bouton pour donner de grandes lattes de coupe-chou, et enfin le second stick, qui nous permet de balancer des tirs de pistolasers. C’est tout. Ou presque, car quelques QTE (vous savez ces trucs qui vous demandent de faire ce qui est indiqué en gros à l’écran ?) viennent parfois se glisser dans le jeu, comme un vieux pet balancé à la discrète sous les draps. Mais, restons honnêtes, ces interventions restent à quantité négligeable, donc pas de quoi vous faire froncer le nez.
C’est dans cette simplicité apparente que se jouent les rixes endiablées face aux boss de Furi, batailles délicieuses et précises, nerveuses et exquises.

Chaque combat se déroule en plusieurs phases, elles-même divisées en deux parties : une première où l’on défie le boss au sein de son arène, avec une très grande liberté de mouvements, et une seconde, où l’on se retrouve au corps à corps, engagé au plus près avec notre ennemi. Réussissez à le défaire à ce moment-là, et le voilà qui passe à sa prochaine phase, et ainsi de suite.
Les étapes de baston s’enchainent, deviennent de plus en plus difficiles ou du moins exigeantes, et on finit en général le combat sous une avalanche de boules laser et de vagues plasma, balancées frénétiquement par votre adversaire pour vous achever dans des moments qui rappellent du shmup à forte tendance danmaku. Comprendre : y a un mur de boulettes fluos à éviter, bien souvent au pixel près, et la goutte de sueur au front.

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Ah okay !… Faut pas touchéw…

C’est bien simple, les jeux capables de me faire transpirer des litres se comptent sur les doigts d’une main.  Furi en fait partie. Et, non, Dark Souls n’est pas sur la liste. Ah ça vous la coupe hein ? Ça fait moins les mariolles dans l’fond là !
La minutie que demandent certains combats de boss, le rythme frénétique, la gestion de la pression, et surtout, la compréhension du combat et des différentes phases du boss, voilà ce qui fait tout le sel et la réussite d’un jeu simple. Si les mouvements des premiers ennemis s’enregistrent et se comprennent assez rapidement, on ne peut pas en dire autant des derniers, qui demandent un timing à la nanoseconde près, et une patience à toute épreuve pour ne pas partir en live après de trop nombreux échecs.

Comme le dit un boss, dans un de ses mantras qu’il vous répète à foison vu les branlées qu’il vous colle aux premiers essais : « L’excellence n’est pas un art, c’est une habitude. »
Furi, c’est du Die & Retry, du vrai jeu de skill, où votre perso ne chope aucune amélioration, aucun bonus. Seul moyen de s’en sortir, comme l’aurait dit un saint homme, il faut muscler son jeu !
Et pour les plus déterminés, une fois la bête finie une première fois, vous débloquez le mode de difficulté Furieux, où les patterns et movesets des boss se retrouvent changés. Pas nécessairement plus difficile, simplement différent, le jeu vous demande une nouvelle phase d’apprentissage, faite d’échecs malheureux et de victoires tonitruantes face à des boss que vous pensiez connaitre.

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Vous avez la lose ? Une seule prescription.

DANGER : OST de brute, toxique

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Tu la sens la grosse OST de furieux ou bien ??!!

Sérieusement, ai-je besoin d’en dire plus ? La bande-son est parfaite, et m’a fait découvrir The Toxic Avenger ou encore Danger. Pis Carpenter Brut quoi. Cette OST pue tellement les années 80 que mon PC est en train de se changer en magnétoscope et mon modem en minitel putain ! Kavinsky chiale de pas avoir été invité, et David Hasselhoff se console en se disant qu’il a quand même fait Kung Fury.
Bref, ça flaire le charisme à 1000 bornes à la ronde un truc pareil, et quand vous avez ça dans les oreilles alors qu’un combat de titans se déroule sous vos yeux et entre vos mains, une dernière partie de votre anatomie a tendance à tendre les fibres de votre slip ou à les humidifier selon que vous soyez plutôt zizi ou moumoule.
Verdictfds

Furi est une tuerie. Petite pépite indé Française et coup de cœur absolu, c’est le jeu de l’été à faire absolument si vous êtes persévérant et aimez les challenges. Ou si vous aimez tout bêtement les bons jeux, simples et efficaces, pour lesquels le gameplay prime, sans pour autant saborder le reste.
Furi est un bijou, entre gameplay parfaitement géré, direction artistique qui touche juste, musiques incroyables, et scénario adapté au médium vidéoludique.
Un régal !

Narfi

Narfi a été accueilli au sein du Cri malgré sa nature de troll des forêts du Périgord, une sous espèce cohabitant rarement avec ses cousins des plaines Limougeaudes (Petrocore constituant la seule exception connue des Trollologues) Crasseux et vulgaire, poète dans l'âme, il aime à rester au fond de la tanière pour lire des bédés et jouer sur son PC, insultant de sa bouche pleine de poulet frit tous ceux croisant son chemin dans les dédales des internets.