Gwent : la carte maîtresse de CD Projekt

Si je vous dis jeu de cartes, vous me dites ?

« La belote ! Le poker ? »

Hum, non euh… Si je vous dis jeu de cartes fantasy, vous me dites ?

« Magic : the Gathering ! Yu-Gi-Oh ! »

‘commence à me faire chier lui Si je vous dis jeu de cartes fantasy virtuel, vous me dites ?

« Hearthstone ! »

BON MERDE VOILA ! Vous me dites « Gwent », bien évidemment et sans hésitation aucune ! Le jeu de cartes qui rythmait les aventures de notre bon vieux Geralt dans The Witcher 3. Moi qui suis un gros amateur de Magic, il n’a pas fallu bien longtemps pour que je me laisse prendre à ce jeu de cartes drôlement bien fichu. Aussi, lorsque CD Projekt a décidé de lui dédier un support à part entière, en free-to-play de surcroît, il m’était impossible de ne pas m’y intéresser.

On tape le carton ?

Pour tous ceux qui n’ont pas fait The Witcher 3, un petit résumé de ce qu’est le Gwent (ou Gwynt en çais-fran). C’est un jeu de duel, où chaque joueur joue chacun son tour une carte de sa main. Chaque coté de la table est divisé en trois zones : la première ligne pour l’infanterie, la seconde pour les archers et l’arrière-garde pour l’artillerie. Sauf exception, les cartes que vous jouez le sont sur l’une de ces zones. Il y a aussi des cartes d’effet (destruction, résurrection) et des effets de météo qui handicapent l’une des lignes des deux joueurs. Les créatures que vous jouez ont chacune une valeur de force. Celui dont la somme des forces est la plus élevée remporte la manche. Celui qui remporte deux manches gagne. Voilà, en gros.

La version Witcher 3

Alors qu’en est-il de la mouture free-to-play ? Sur le papier, le jeu n’a pas beaucoup changé : il y a toujours les trois lignes où déployer vos unités, des cartes spéciales, des cartes météo… Mais le tout a bien évidemment été complexifié. Mention spéciale à la pioche, qui vous permet d’échanger trois cartes piochées en début de partie, puis une seule dans les manches suivantes. Ça a sauvé bien des vies (surtout la mienne).

On retrouve les cinq factions jouables auparavant : les soldats du nord, l’empire du Nilfgaard, les non-humains de la Scoia’tael, les monstres et les guerriers pillards de Skellige. Et si chacune des factions avait SA technique dans The Witcher 3, les possibilités se sont vues grandement multipliées dans Gwent. Il en est évidemment de même pour les cartes, dont le nombre n’a plus rien à voir avec la première version. Y’a du matos donc.

Ça fait pas un pli

On commence le jeu avec un petit didacticiel commenté par Ciri et Geralt, deux protagonistes de l’œuvre d’Andrzej Sapkowski. Vous y verrez les bases du jeu. Puis on vous explique tout : les différents menus, comment faire son jeu, où aller toper ses cartes (nous y reviendrons)… Histoire que vous ne partiez pas à poil, on vous donne des minerais (la monnaie dans le jeu) et quelques fragments de carte. A ce stade là, vous avez quelques jeux de base, un peu de thune… Il est temps de commencer !

Je suis allé pour ma part faire quelques défis, qui vous prodiguent pas mal de minerais à chacune de vos victoires ainsi que quelques « chefs » (des cartes spéciales, uniques, à caler dans votre paquet de cartes). Il y a six défis par faction, et chacun d’entre eux vous présente une stratégie possible. Idéal pour piocher quelques idées pour construire vos jeux au début.

Petit lifting, mais on reconnaît quand même bien le jeu de base

A mesure que l’argent va s’engranger, vous allez pouvoir acheter des barils auprès d’un Troll marchand (et oui). Dans chacun de ces barils, vous trouverez 4 cartes aléatoires et une carte rare, mythique ou légendaire. Et c’est là que vous allez vite voir la limite du free-to-play. Parce que mine de rien, ces barils coûtent 100 minerais. Or, le jeu est quand même assez avare en thune au bout d’un moment (relativement court). Aurez-vous donc la patience d’enchaîner les parties multijoueurs pour grappiller de la menue monnaie ? Ou allez vous directement payer avec du vrai argent un nombre inconsidéré de tonneaux pour vous monter ce deck dont vous rêviez ? Mais bon, c’est le principe des free-to-play hein ! C’est juste que je trouve quand même celui-ci un peu radin, c’est tout.

A moins d’être un gros chounard comme Lazylumps quand il déballe ses boosters de Magic, vous allez pas mal rager ici

Ah oui, vous pouvez aussi fabriquer directement les cartes qui vous manquent avec les fragments que vous récupérerez en jeu. Vous pouvez aussi récolter des fragments en détruisant vos cartes inutiles. Mais vu le nombre de fragments nécessaires pour construire une carte valable (ça se compte en centaines pour les meilleures, et les cartes simples que vous pétez génèrent cinq fragments), il vous faudra être tout aussi patient.

Le combat des chefs

Bon, avec de la patience et un sens de la stratégie que vous possédez sans nul doute, vous devriez vous en tirer avec un ou deux decks un peu boiteux mais jouables. Il est donc l’heure de tâter du multijoueur !

Choisissez votre deck et ZOUM ! le jeu vous trouve un partenaire à peu près de votre niveau. Deux choses extrêmement agréables : l’attente est très courte, entre cinq et dix secondes à chaque fois ce qui reflète le succès du jeu, et le matchmaking n’est pas aux fraises, ce qui vous met en face d’adversaires effectivement du même niveau. Ça a l’air de rien comme ça, mais je me souviens encore avec émoi des bonnes grosses fessées reçues sur For Honor par des personnes sans commune mesure avec mon petit niveau de noob. 

Geralt, Ciri et Yennefer, de pied en carte !

Les parties s’enchaînent, rapidement ou lentement selon votre adversaire. Petit truc bien sympa : si un joueur rame un peu trop à jouer sa carte, un compteur de trente secondes apparaît. Si ce dernier tombe à zéro, le tour est passé et une carte est défaussée. Ce système m’a valu une victoire dantesque contre un joueur AFK au bout de la deuxième manche.

Avec l’expérience des parties, vous gagnerez des niveaux qui s’accompagnent de minerais. Vous avez aussi des récompenses quand vous atteignez des paliers de manches remportées, qui sont de plus en plus longs à atteindre mais qui se réinitialisent chaque jour (ouf). Cerise sur le tonneau : si votre adversaire a trouvé la partie sympa et daigne vous féliciter, vous aurez droit à un petit pourboire offert par le jeu ! Bon c’est genre 5 pauvres fragments de carte, mais c’est tellement la dèche qu’on ne va pas cracher dessus.

Bon, je vous vois venir avec la question à mille euros « mais par rapport à son concurrent direct, Hearthstone, ça donne quoi ? ». Et bien ça mes chers amis, je m’en vais vous le dire dans la partie suivante !

Gwent vs Hearthstone : qui bat le mieux les cartes ?

 Je ne sais pas, je n’ai jamais joué à Hearthstone.

Bon j’ai pas mal râlé, notamment sur la radinerie du jeu quant aux ressources gagnées pour trouver des cartes sans payer avec des euros. Mais il faut avouer que ceci mis à part, Gwent est assez bien foutu. Ceux qui ont adoré ce mini-jeu dans The Witcher 3 peuvent franchir le pas sans trop de risques : tout y est, mais en mieux. Pour les autres, je vous invite à découvrir ce free-to-play vraiment cool, aussi agréable qu’intuitif alors qu’il n’est qu’en bêta ouverte. Il n’est pas très difficile de modifier les decks de départ pour avoir un ou deux jeux viables et s’amuser quand même. Et puis si ça vous plaît pas, au pire, ça vous aura pas coûté grand chose !

Ce que les autres trolls en ont pensé :

Lazylumps : C’est vrai, c’est cool.

Petrocore

Tout comme Narfi, Petrocore est issu de la sous-espèce des Trolls du Périgord (d'où son nom). Il se nourrit de tout ce qui passe à sa portée du moment que ça a été cuit dans de la graisse d'oie, voire de canard. Parce qu'il aime le gras, Petrocore est surtout versé dans la musique métal brutale et toutes sortes de produits faisant preuve d'un bourrinisme sans failles ou d'un humour pas fin.