Le barbare vidéoludique

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Le barbare et les jeux vidéos, c’est une longue histoire d’amour. A peu près aussi vieille que la démocratisation du médium vidéoludique d’ailleurs !
Après tout, quoi de plus simple pour enjailler les adolescents boutonneux que de les faire jouer des hommes virils, torses nus et muscles saillants, décapitant de l’ogre à fond les ballons et repartant avec une princesse à gros nichons et culotte fine sur le dos?

ConanVous voyez l’genre ?

Puis du bourrin des premiers âges, nous sommes passés à un personnage plus complexe, toujours aussi habile avec les armes, mais bien loin du bestiau invincible et assoiffé de sang. C’est un peu l’évolution inverse que celle subie par le personnage de Conan : de personnage aventureux, astucieux, à l’humour caustique (si, si, j’vous jure !) sous la plume de Howard, il a malheureusement eu tendance à devenir de plus en plus une brutasse huilée au fil des années et des auteurs.

Pas notre barbare vidéoludique. Bien au contraire ! La vision du personnage n’a cessé d’évoluer depuis ses débuts de Bourrinator T-800, et aujourd’hui on croise autant de barbares mélancoliques ou Howardien que de barbares historiques ou psychopathes ! Autant vous en présenter une sélection, ce qui est, en passant, un bon moyen de vous recommander (ou non) bon nombre de jeux avec du barbare à l’intérieur du dedans ! C’est tipar !

Le barbare d’arcade, le père de tous

Le barbare de jeux d’arcade, c’est le premier prototype du personnage au sein de notre média. Et autant vous dire qu’on a affaire à la figure cliché du bonhomme : le bourrin huilé aux pectoraux bombés qui émascule des monstres à la pelle ! Du coup on se retrouve presque exclusivement face à des beat them all, ou des jeux d’action assez lambda, demandant peu de réflexions mais beaucoup de dextérité.

Conan : Hall of Volta (1984)

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La jaquette du swag

Premier jeu avec un barbare à « l’intérieur du dedans » à ma connaissance, on a également affaire aux balbutiements du jeu vidéal. On a donc un jeu 2D pixélisé à l’extrême, où l’on joue un Conan aux cheveux roses (ou bleus selon la version du jeu), balançant des épées boomerangs. Sa quête ? Buter le méchant magicien Volta, avec l’aide appropriée d’un allié aviaire ! Vieux jeu d’aventure oblige, la durée de vie du soft est de 10 minutes, 10 minutes que je vous offre sur Youtube, la technologie est fantastique !
Le premier jeu apportant la figure du barbare dans le média vidéoludique est donc un jeu estampillé Conan, et rien de plus normal. Avec le succès du film quelques années auparavant, c’était le bon moment pour encaisser les sous. De plus, c’est Conan quoi, c’est lui LE barbare. Pas Brennus, ni Kubilai Khan, encore moins Arminius. Si il y a un barbare dans la culture Pop, c’est bien Conan, par Crom ! Il va donc avoir droit à sa palanquée de jeux, mais plus encore, c’est lui qui va véritablement entériner l’archétype de notre sauvage vidéoludique. Mais j’y viens…

 

 

Gauntlet (1985)

Bon, le jeu parle d’un Warrior, soit d’un guerrier dans la langue de Luchini. Mais louchagne est torse nu avec une hache dans les mains. Donc, c’est un barbare.
Reprenons la construction du barbare que vous connaissez inconsciemment, et qui s’est faite via bon nombre d’illustrations de Conan, ainsi qu’avec le film de 1982, construction qui va complètement s’implanter dans le jeu vidéo de ces années-là, et particulièrement les jeux vidéos à tendance action.
Le barbare manie plutôt de la hache, ou de l’arme bien lourde. Il a une tendance toute Robbiewilliamesque à vouloir toujours être torse nu, ce qu’il peut se permettre vu sa musculature plus qu’avantageuse, et il porte un pagne. Petit bonus, il adore se baigner dans le sang de gobelin ou tout autre monstre fraîchement décapité. Maintenant, question.

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Où est le barbare sur cette image ?

Bravo, vous venez d’identifier le Guerrier/Barbare de Gauntlet ! Bon et pour ceux qui ne me croient toujours pas, voilà la gueule du même perso, 30 ans plus tard, à l’occasion du remake.

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On me signale dans l’oreillette que le cadavre de Howard veut son fric !

On notera au passage que tous les personnages ont perdu en kitch et cliché (on prenait un peu les joueurs pour des nerds qui aiment les nichons), SAUF notre barbare, qui reste très proche de son design original. Parce qu’un barbare de jeu d’action, ça a un cahier des charges à respecter.

Véritable jeu culte, le Gauntlet originel fait partie de ces monuments du jeu vidéo, par la coopération jusqu’à 4 et son gameplay bien hardcore. Le défaut du jeu, c’est bien sur sa répétitivité, normale pour l’époque, ne permettant pas la construction d’aventures complexes. On nettoie un niveau de ses monstres, et on passe au prochain.
Malheureusement, c’est aussi le défaut qu’a conservé son remake, 30 ans plus tard ! Plus joli (mais quand même moche en 2014), avec une trame narrative, un plein chariot de nouvelles choses cool, jouissif et punitif, il est aussi PUTAIN de répétitif. Et en 2014, par contre, ça fait mal. Un jeu à ne pas bouder en promo, pour se le faire un week-end avec quelques potes, des bières et des pizzas, avant de le reléguer au fond de votre bibliothèque Steam.

Barbarian (1987)

Un jeu de baston 2D tout bête, mais qui a rencontré un franc succès à sa sortie pour sa violence exacerbée (on peut décapiter un mec, et ça balance du jus de myrtilles !) et ses combats dynamiques (pour l’époque, encore une fois !). Le jeu est surtout intéressant pour son mode deux joueurs, bien évidemment, mais un mode campagne est disponible pour les plaisirs solitaires, liant les différents combats par un scénario des plus classiques : notre barbare doit aller tuer un sorcier pour délivrer une princesse. Un scénario qu’on nous ressert à toutes les sauces depuis près de bientôt 35 ans donc (Donkey Kong, c’est 1981 !).
A noter que la campagne publicitaire du titre a fait scandale, sans véritable raison vu son féminisme engagé que n’aurait pas renié Olympe de Gouges. Il est d’ailleurs intéressant de voir que l’on retrouve pas mal l’évolution de l’image féminine dans les jeux-vidéos, en parallèle de notre sujet de brute.

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Le jeu a quand même été un succès commercial.

Reste que Barbarian est un jeu culte, pour sa violence et son dynamisme jouissif.
Petite info rigolote pour terminer : Michel Ancel, le papa de Rayman, aimait à remplacer les fichiers audios du jeu correspondants aux grognements de douleur des barbares par des « Con ! » et autres « Enculé ! » enregistrés au préalable sur son micro. Et rien que pour cette anecdote, ce jeu mérite tout mon respect et plus encore.
On t’aime Michel.

Golden Axe (1989)

DeathAdder
La Vipère, de la Mooooort…

Un jeu encore une fois absolument culte, développé et édité par Sega en borne d’arcade en 1989. Alors même topo que d’habitude, vous commencez à avoir l’habitude, y a un barbare musclé, en slip, et il est très bourrin.
Ici, il s’appelle Ax Battler, et il veut défoncer la gueule de Death Adder, le Titan noir, parce qu’il a buté sa mère. Ce qui constitue ENCORE une référence à Conan, cette fois-ci au film de 1982. Bah oui, Death Adder, ça veut dire littéralement « Vipère de la Mort ». Et il est capable de se transformer en serpent. Alors, une mère qui meurt, un serpent impliqué, et un barbare qui cherche vengeance ? Ai-je besoin d’en rajouter plus ?
Ce petit détail a au moins le mérite de nous éclairer sur les motivations des barbares dans le jeu vidéo. Soit c’est un aventurier, par essence errant et cherchant gloire et/ou fortune, soit c’est un homme brisé cherchant vengeance.

Pour ce qui est du jeu, Golden Axe est un des beat them all les plus connus, parce que c’est beau, parce que c’est vif et jouissif, parce que ça pompe Double Dragon  tout en apportant son lot d’originalité, comme les montures et les magies qui viennent nettoyer l’écran de façon spectaculaire quand on est en galère. 
Encore une fois, un jeu culte, et pas sans raisons ! A noter que l’on peut trouver la bête et ses deux suites sur Steam pour ceux que ça intéresse ! Attention, ça a quand même mal vieilli, et seul la coop locale est supportée ! Mais y a pas d’raisons, y a de quoi s’amuser, et c’est en plus à petit prix !

Sword of Sodan (1989)

Sword of Sodomie ouais !
Si vous êtes fan du joueur du Grenier, vous connaissez forcément déjà ce jeu, ou du moins sa version Mega Drive. Parce qu’en 1989, le jeu sort sur Amiga, où comme le dit le JDG dans sa vidéo d’ailleurs, le jeu est beaucoup plus joli et fluide, et même avec des niveaux en plus (11 contre 8 sur Mega Drive). Le portage vers la console de Sega a en fait été complètement saccagé, laissant une espèce de coquille vide dégueulasse et injouable à la place d’un jeu à la base salué par la critique pour ses qualités graphiques et sa violence exacerbée assumée. Le jeu a par ailleurs été un véritable succès commercial à sa sortie sur Amiga.

Le jeu nous conte l’histoire de deux héritiers au trône du Royaume du Nord, Brodan un garçon et Shardan une fille, qui ont été élevés par un ermite dans la nature afin d’échapper aux griffes du méchant nécromant Zoras qui s’est emparé du pays. Devenus adultes, ils partent à la reconquête de leur royaume, avec à leur côté l’épée de Sodan, ancien héros du Royaume, que leur confie le vieil ermite mystérieux.
Comme d’hab, le héros est un copier-coller de Conan, avec cheveux bruns mi-longs, pagne, et tout le toutim…
Mais c’est aussi le premier jeu qui nous permet d’incarner une barbare, une femme ! Oui, tu m’as bien lu lecteur, les développeurs ont osé. Heureusement, ils ont su se respecter suffisamment pour lui coller une tenue bien putassière sur la jaquette, doublée d’un bikini en métal bien clinquant dans le jeu. L’honneur est sauf, un peu plus et on avait un personnage féminin pas sexiste, on est pas passé loin du drame. 

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Des caches-tétons que ne renierait pas Dita von Teese…

La série God of War (2005)

Kratos
WANTED : Barbare d’origine grec. Si, c’est possible…

Avec LE personnage barbare vidéoludique du XXIe siècle, le si bien nommé Kratos !
Alors oui, je sais ce que vous allez dire. « Mais Kratos c’est pas un barbare, c’est juste un immonde bourrin ! » Certes.
Mais force est de constater que dans la construction du spartiate, on retrouve tous les éléments du barbare de l’arcade : bourrin à l’excès, il est aussi torse nu, musculeux à en faire jalouser Arnold, vêtu d’un simple pagne, et il a toujours dans ses aventures un moment de détente à malaxer les formes avenantes de quelque femme se prélassant candidement dans un lit aux draps de soie (dont Aphrodite, on s’fait pas chier quand on est l’homme le plus hardcore de la Grèce Antique). Même son style de jeu, le beat them all, est celui qu’on associe naturellement au personnage du barbare de l’arcade !

En cela le personnage de Kratos est extrêmement intéressant puisqu’il DEVIENT un stéréotype du barbare, après un échec lors d’une bataille face… à des barbares justement ! Un coup de folie meurtrière plus tard, et voilà notre homme devenu un errant au service des dieux, rejeté par la société des hommes qui le craignent à cause des malheurs qu’il semble amener avec lui, Kratos devenant pour lui-même le symbole constant de ses échecs : il est désormais un barbare, à la peau teintée par les cendres de sa fille et de sa femme.
En attendant, un mec solitaire, bourrin, partant à l’aventure, ça ne vous rappelle pas une autre grande figure ?
La finalité de ce premier God of War ne vient d’ailleurs que renforcer le parallèle que l’on peut dresser entre Conan et Kratos : si Conan devient roi d’Aquilonia en posant une couronne ornée de joyaux sur un front troublé, Kratos devient le dieu de la Guerre, et tous deux trônent en majesté comme les badass qu’ils sont.

En tous les cas, si vous cherchez le jeu ultime dans lequel vous incarnez un barbare empaffant des crânes comme un soviétique encaisse les tickets de rationnement, la meilleure expérience se trouve du côté de la série des God of War !
Brutaux, jouissifs, dynamiques, avec une mise en scène homérique (le combat contre Poséidon !), et des musiques épiques à faire pleurer John Williams d’impuissance, c’est le style de jeu à vous faire une injection de testostérone en loucedé, du genre à vous faire puer la sueur rance après seulement trois minutes de jeu, et avoir envie d’un steak saignant après cinq !
Une expérience à vivre, et à traverser au moins une fois, en prenant soin de s’arrêter au troisième volet !

Conan (2007)

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Ai-je vraiment besoin d’en dire plus ?

Le Conan de 2007, c’est un peu un Conan vexé dans son être. Voilà-t-y pas qu’il se fait voler la vedette sur son propre terrain par un Grec ! Un peuple pourtant plus connu pour ses péripatéticiens que pour sa propension à démembrer sauvagement les passants.

Du coup, notre Conan, il essaye de tout faire comme le Grec, et ce sans grand succès. Faut dire qu’il part quelque peu handicapé avec sa gueule d’accident routier et son enchaînement de couloirs soporifiques. Certes les bastons sont agréablement brutales, mais on arrive pas à la cheville de la cruauté sadique d’un Kratos, alors au top de sa forme puisque God of War II (soit le meilleur épisode de la série des GoW) vient de sortir un peu plus tôt cette même année.
Non et puis merde, ces graphismes ! Les cuts scenes en deviennent ridicules, avec des doublages pétés complètement aux fraises. C’est de la PS3, précisons, la même année de sortie que Assassin’s Creed premier du nom, qui est un jeu en monde ouvert ! Pourtant ici, on a l’impression d’avoir affaire à un jeu en souffrance du milieu de l’époque PS2 !…
Bref, j’arrête de tirer sur l’ambulance transportant un barbare en PLS, Conan a été mis K.O. en un Round par le spartiate chauve, et ne s’en est jamais totalement remis, ayant complètement déserté le beat them all et le jeu d’action depuis.

Le barbare RPG

Dans un autre style de jeu, on trouve le barbare issu du monde des RPG. S’il est toujours aussi bourrin et bourru, dans ce genre de jeu, notre barbare voit aussi se développer son caractère et sa psychologie. Point trop n’en faut, on voudrait pas en faire un Proust non plus, mais force est de constater qu’on revient vers des échos howardiens du personnage, plus profond qu’une simple brute sanguinaire, avec des accents mélancoliques chez le barbare de Diablo ou de Darkest Dungeon par exemple !

Diablo II (2000)

Là on attaque du lourd, du très lourd, vu que je suis quasi sur que n’importe quelle personne qui lira cet article aura un jour dans sa vie joué à ce jeu et entendu ces notes.
Jeu culte parmi les jeux cultes, Diablo II a créé à lui seul les bases d’un genre de jeu chronophage au possible, le Hack and Slash, aussi connu sous le nom plus officieux de Diablo-like. Certes, avant que n’apparaisse Diablo II, il y eut un Diablo tout court, qui posa les grandes bases du genre. Mais dans ce dernier, point de barbare, et c’est de toute façon son successeur, avec ses nouvelles fonctionnalités, et particulièrement le jeu en ligne (décidément, notre barbare est source de contact social !) qui va développer et même faire exploser le genre.

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Le barbare, créateur de lien social depuis 1932

L’histoire, c’est celle d’un aventurier, qui part à la poursuite du Dark Wanderer, le héros ayant défait Diablo lors du premier opus et maintenant possédé par ce dernier, afin de l’empêcher de libérer Baal et Mephisto, les frangins dudit Diablo, emprisonnés plus loin dans l’Est. Et notre aventurier peut être un barbare, qui classiquement tape dur, encaisse beaucoup, et est capable de manier une arme dans chaque main parce qu’il est fort comme ça. L’histoire des personnages n’est pas encore très développée dans ce Diablo II, contrairement au mythos et l’univers de Sanctuaire, qui commencent à véritablement tenir sur leurs pieds.
C’est dans l’extension Lord of Destruction que se déroule un événement capital pour les barbares du monde de Sanctuaire : la destruction de la pierre-monde, contenue au sein de la montagne sacrée d’Arreat, lieu saint que sont censés protéger les tribus nomades barbares (c’est là le but de leur vie !), fait exploser la montagne et partir en poussière la raison de vivre de toute une culture. De personnage Conanesque, partant à l’aventure pour des motifs qui nous sont inconnus, notre barbare finit par rejoindre le Conan de 1982, qui une fois sa quête accomplie, se rend compte qu’il n’a plus aucun but à sa vie, et doit apprendre à se reconstruire.
Mais Diablo III ne sortant que 12 ans plus tard, il a encore tout le temps de farmer et de visiter le cow-level !

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COME AT ME, COW !!!

Age of Conan (2008)

Après l’échec l’année passée du jeu d’action Conan (voir plus haut), le barbare le plus célèbre de la galaxie revenait sur la scène vidéoludique, cette fois-ci dans un MEUPORG, ou jeu de rôle massivement multijoueur en ligne. Ou MMO, pour les vrais.
Le jeu vous donne le choix entre trois peuples différents lors de la création du personnage, Aquilonien, Cimmérien, ou Stygien, tous trois issus de trois grandes nations hypers connues de l’Hyborée howardienne. Après cela, le joueur se retrouve confronté au choix de sa classe, parmi lesquelles se trouve, bien évidemment, la classe de barbare, disponible uniquement pour le peuple cimmérien. Elle fait partie des classes de type voleur, ce qui tend à la rapprocher de notre Conan originel, ce Conan de Howard qui n’hésite pas à voler et à se rendre plus discret qu’une panthère quand le besoin s’en fait sentir. A part ça, c’est bien évidemment une classe qui est là pour faire des dégâts, et ce, au plus grand nombre d’ennemis possibles.

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Tag : Barbare ; POV ; Squirt ; Facial ; Outdoor

Toujours est-il qu’AoC, de son petit nom, est le premier MMO à présenter une trame narrative principale, qui va vous suivre tout au long de votre montée en niveaux, et vous aide à vous investir dans ce monde, à l’époque incroyablement magnifique, mais qui aujourd’hui accuse le poids des ans.
Et si effectivement, une trame scénaristique est bien présente, passée l’introduction incroyable sur l’île de Tortage, le jeu commençait à montrer qu’il n’en avait pas tant que ça sous le capot, entre dialogues sans doublages  avec une écriture au rabais, et des quêtes sans enjeux.
Reste un système de combat sympathique à base de combo, avec quelques finish moves bien classe où l’on décolle la boite crânienne du picte pouilleux qui ose se confronter à vous, par Crom ! Si jamais le jeu vous tente, pour un test en passant, n’hésitez pas, il est désormais free to play !

Diablo III (2012)

barbarian112 ans plus tard dans le vrai monde de la réalité véritable, et 20 ans plus tard dans le monde de Sanctuaire, Diablo revient, et pour s’opposer à lui, notre barbare favori fait de même ! Si au niveau du gameplay on reste sur du gros bourrin classique et très proche de ce qu’il était déjà 12 ans plus tôt, au niveau des motivations du bonhomme, là, y a eu du changement. Comme je vous le disais plus haut, le peuple barbare perd toute raison de vivre à la fin de Diablo II. Rien qu’à son apparence, notre barbare est désormais vieux, comme pour souligner le poids de son échec qu’il porte constamment, et insister sur la lassitude qui le prend au début de notre aventure, avant de se lancer à la recherche de l’étoile tombée du ciel. Son caractère est également plus développé, vu que désormais, notre barbare parle ! Plutôt calme et réfléchi, il lui arrive d’avoir quelques élans de sagesse assez surprenant si on s’attend à un teuteu grougrou bourrin. Mais non. On a bien ici affaire à un barbare un peu perdu, mais extrêmement attachant par sa faiblesse et ses doutes derrière sa force apparente. Sans but au début du jeu, il se retrouve rapidement entrainé dans les événements prenant place à Tristram, qui vont l’emmener à la chasse au démon primordial et à finalement défaire Diablo.

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Red Sonja

Mais on parle d’UN barbare depuis 8 lignes, mais Diablo III c’est aussi UNE barbare ! Et, ô miracle, elle est pas traitée comme un objet sexuel pour se faire palucher les prépubères !
Oui tu as bien lu lecteur, enfin une femme barbare considérée comme autre chose qu’un simple morceau de viande avec des boobs ! Et c’est cool ! Avec un caractère légèrement plus flamboyant que son homologue masculin (la fougue de la jeunesse sans doute !) le nom officiel de notre barbaresse, c’est Sonya. En référence à Red Sonja, Sonia la rousse, personnage de l’âge Hyboréen, comme ce bon vieux Conan.
Petite précision technique, à la base, Sonia la Rousse c’est un personnage créé par Howard dans une nouvelle historique s’attardant sur le siège de Vienne par les turcs. Mais comme tout le reste, on le lui a piqué, et on en a fait une barbare de l’âge hyboréen, parce qu’après tout, pourquoi pas, les morts peuvent pas protester !

Diablo III s’en est pris plein la mouille depuis sa sortie, car les fans n’ont jamais considéré le jeu comme aussi bon que Diablo II. Alors quand à la base, tout le monde attendait un Diablo II en beaucoup mieux, forcément, on a droit à une grosse déception. Pourri par l’hôtel des ventes, des bugs récurrents, et une direction artistique taxée de trop colorée par des enculeurs de mouches, le jeu a finalement repris du poil de la bête auprès des fans avec son extension Reaper of Souls.
Alors on râle on râle, mais Diablo III reste un énoooorme jeu, qui ne restera peut-être pas dans le panthéon comme son aîné avant lui, mais qui est tout à fait capable de vous combler de bonheur pour plusieurs dizaines d’heures de jeu à arpenter les cavernes et donjons de Sanctuaire.

Dragon’s Crown (2013)

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Une direction artistique incroyable

J’aurais pu placer ce jeu-ci dans la catégorie Arcade. Parce que c’est un beat them all. Mais avec une énorme composante RPG. Dilemme.
Mais de toute façon, le barbare de ce jeu n’apparait que brièvement, et constitue en soi plus un gros clin d’œil à Conan période Schwarzy qu’autre chose. Mais déjà, ça, c’est le summum du cool. Et ça me permet de parler d’un jeu que j’aime beaucoup, donc j’en profite.

Dragon’s Crown
est un jeu d’artistes, et plus particulièrement d’un artiste, George Kamitani, avec des musiques et des visuels à vous arracher rétines
(non, je ne parle pas des décolletés affreusement ridicules affichés par les personnages féminins…) et tympans. Le gameplay n’est pas en reste avec un beat them all 2D somme toute assez classique, mais avec une grosse dimension RPG, comprenant levels, skills, quêtes, équipements, et plusieurs classes à incarner.
Assez ennuyeux en solo, le jeu prend tout son sel dès lors qu’un ami vous rejoint pour combattre les forces du mal, dans des joutes qui deviennent alors un joyeux bordel délicieusement esthétisé.

Darkest Dungeon (2016)

Dans ce dungeon-crawler tactique, parmi les personnages qui peuvent rejoindre notre troupe d’aventuriers et d’explorateurs de donjons, on retrouve l’Hellion, une femme vêtue de peaux de bêtes et armée d’une hallebarde, qui parle souvent des ancêtres autour des feux de camps qui parsèment vos aventures. Pouvant assumer le rôle d’un tank léger mais surtout celui d’une infâme brutasse qui peut envoyer des dégâts à la louche, l’Hellion rappelle à peu de choses près la barbare de Diablo III.
Et c’est tant mieux ! Des femmes barbares, on en veut plus ! Le manque est peut-être du à l’absence de personnage barbare féminin fort (certes elle est rousse, l’influence Red Sonja est un peu là) dans la culture populaire, toujours est-il que les barbares féminins, quand le sujet est bien traitée, ça suinte la classe ! Mesdames et messieurs les développeurs, au boulot !

Darkest Dungeon en tous cas, c’est un jeu dont on veut vous parler depuis longtemps sur le Cri du Troll tellement qu’il est bien. Monde fantasy saupoudré de Lovecraft, Darkest Dungeon c’est aussi une direction artistique à tomber par terre, une ambiance folle (littéralement), et une difficulté à se bouffer le bras engoncée dans un gameplay tactique exigeant ! Je ne peux que vous conseiller d’y jouer, si vous êtes prêt à rager et à souffrir mille maux.

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Le barbare stratégique

Finalement, le barbare se retrouve aussi énormément dans les jeux stratégiques, où il se rapproche alors de la vision purement historique que l’on a du bonhomme ! Si vous voulez croiser du Hun, du Germain, ou encore du Gaulois et autres Mèdes, c’est bien dans ces jeux là que vous risquez tomber sur eux ! Mais attention, ils sont pas du genre commodes…

La série Civilization (1991)

Aaaaah les barbares de Civ. Présents dans tous les opus du jeu, les barbares sont ici des êtres sans civilisation, vivants aux marges de celle-ci, et venant piller et tuer dès que l’occasion se présente. Soit une définition assez proche de ce qu’est un barbare : un être non civilisé et, condition optionnelle souvent rattachée au terme, cruel.
Présents et emmerdants de la préhistoire à la période antique, les barbares voient leurs camps généralement rasés rapidement par vos soins, gênants qu’ils sont pour votre expansion et votre bien-être. A l’époque moderne, certaines tribus barbares survivent dans des coins reculés où les civilisations n’ont pas de prises, tandis que les pirates commencent à apparaître sur les 7 mers, équivalents maritime dans les Civ de nos barbares terrestres. Dans Civ V, les barbares peuvent même évoluer technologiquement jusque dans les dernières ères, ce qui conduit à voir des armées de non-civilisés avec fusils d’assauts et arsenal de guerre se balader de ci de là.
Dans certains épisodes de la série, on peut également expérimenter les invasions barbares, puisque des armées entières de barbares véners typés Huns débarquent par paquet de 100 pour raser vos plantations civilisées de navets.

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Les navets, c’est tabou, on en viendra tous à bout !

Malgré la nuisance barbare, la série des Civilization reste un classique indémodable et qui n’a pas besoin de présentation. C’est culte, c’est du 4X qui frôle la perfection, c’est Gandhi qui nuke tout le monde. Jouez-y, Civ c’est la vie !

La série Rome : Total War (2004)

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Rome, Rome, il va rester un tas de caillouuuux !!!

Alors là, on parle d’une série de jeux de niches, connue comme le loup blanc par les passionnés du genre, et un peu ignorée par le reste des autres pécores. Se déroulant souvent à une période historique réelle, exception faite de Warhammer, la licence Total War nous a permis de voyager dans le temps, et d’aller visiter la période médiévale, le japon féodal, ou encore les guerres Napoléoniennes. Reste que les Total War dont on parle s’intéressent à la Rome Antique, et nous permettent donc d’incarner, parmi les civilisations disponibles, Germains ou autres Gaulois. La reconstitution historique est généralement plutôt réussie, que ce soit au niveau des bâtiments disponibles pour chaque civilisation, ou encore des unités. Des encyclopédies sont d’ailleurs souvent disponibles pour peaufiner vos connaissances historiques sur telle ou telle unité, et c’est fort bienvenue pour les gens pointilleux et curieux comme votre serviteur.
A noter, la première extension du premier Rome : Total War s’appelait Barbarian Invasion, et permettait de jouer à la période faste de la chute de l’empire romain, avec un max de factions de barbares aux cheveux shampooinés de beurre rance disponibles.
Et n’oublions pas le dernier Total War historique en date, Attiladont le grand objectif est, pour les factions barbares, de trouver une nouvelle terre où prospérer. L’empire romain, lui, doit éviter d’imploser devant les arrivées de plus en plus pressantes d’armées de barbares véners.
La vision du barbare de ces jeux est justement plutôt réussie : on est loin des traits caricaturaux habituels qui continuent de hanter notre conscience collective, et ça déjà, c’est une très belle victoire. On nous les présente comme des cultures à part entière, avec leurs motivations et volonté propre.

Les Total War en attendant, sont d’excellents jeux stratégiques ET historiques. Si vous cherchez un jeu de simulation de guerre à une époque particulière, je ne peux que vous enjoindre à vous ruer sur le premier Total War en promo que croisera votre route. Et si vous aimez l’Histoire, la sentence est la même. C’est chouette, amusant, chronophage, complet, et ça pue pas du cul historiquement. Foncez !

 

Conclusion

Le barbare dans le jeu vidéo a connu de nombreuses incarnations, depuis le teuteu en pagne des premiers âges, en passant par le teuteu en pagne des années 2000, le barbare historique, ou encore le barbare bien plus howardien, que l’on retrouve plutôt dans les RPG. Si le personnage du barbare est à la base un simple argument de vente pour en appeler aux bas-instincts du consommateur et de l’adolescent boutonneux, le personnage se voit transfiguré au fil des années, avec autant de facettes différentes au personnage qu’il y a de barbares. Une des dernières évolutions, c’est de nous apporter doucement de LA barbare, souvent rousse, et plus du tout simple objet sexualisé.

Finalement, il s’agirait surtout pour les développeurs de se démarquer des archétypes érigés à partir de Conan et Sonja, ainsi que de tenter une approche un peu plus originale. C’était le cas avec Kratos, si près et si loin à la fois du barbare habituel, avec le succès qu’on lui connait. 

 

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Crom ! Je ne t’ai jamais prié de toute ma vie, je n’ai jamais su le faire.
Personne, pas même toi ne se souviendra si nous étions des trolls bons ou mauvais. Pourquoi nous avons écrit et pourquoi nous sommes lus. Non, ce qui compte c’est qu’un rédacteur s’est dressé contre beaucoup de développeurs. Voilà ce qui est important. Tu aimes la lecture Crom, alors réponds à ma prière, apporte moi de l’originalité !
Et si tu ne veux pas m’entendre… Que les démons t’emportent !

Narfi

Narfi a été accueilli au sein du Cri malgré sa nature de troll des forêts du Périgord, une sous espèce cohabitant rarement avec ses cousins des plaines Limougeaudes (Petrocore constituant la seule exception connue des Trollologues) Crasseux et vulgaire, poète dans l'âme, il aime à rester au fond de la tanière pour lire des bédés et jouer sur son PC, insultant de sa bouche pleine de poulet frit tous ceux croisant son chemin dans les dédales des internets.

Lâche ton cri

  • 29 juillet 2016 at 10 h 33 min
    Permalink

    En fait, si l’on devait faire une « typologie » des classes de corps à corps dans un RPG, du plus discipliné au plus sauvage, on aurait soldat, guerrier, barbare.
    Le guerrier c’est un peu l’entre deux mondes, tout simplement. Et du coup, oui, tu as complètement raison de le considérer comme le second bourrin de service ! ;)

    Et effectivement, ces deux archétypes ne sont pas remarquables par leur subtilité, mais ils se distinguent malgré tout par quelques différences dans leurs comportements et attitudes.
    On peut retrouver plein de différence et d’oppositions entre ces archétypes et le traitement en serait hyper-intéressant : l’inné (barbare) contre l’acquis (guerrier), la notion d’armée très rattaché au guerrier est complètement absente chez le barbare…
    Je pourrais en trouver d’autres, mais je suis réveillé depuis 20 minutes, et la cafetière de l’antre est en panne…

    Pour ce qui est du traitement des autres figures habituels de la fantasy, wait and see ;)
    (Mais alors merci quoi, le sorcier dans le jeu vidéo, je vais avoir l’air malin avec 500+ jeux à traiter :p)

  • 29 juillet 2016 at 10 h 11 min
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    Merci pour le remontage.

    Je rapproche Barbare et guerrier car ils me semblent rarement remarquables par leur subtilité. Ce n’est qu’en allant piocher du côté du paladin que l’on trouve généralement un fond de conviction personnelle qui va bien influencer le jeux ou de capacités différentes de « j’encaisse/je fais des dégâts grâce à ma force et mon endurance. »

    Je comprends bien ton avis mais que le guerrier porte bien que cette classe porte une armure qui la fasse paraître « civilisée », elle reste plutôt la (ou le 2ème) bourrine de service à mes yeux.

    Je suis bien plus intéressé par les sorciers, voleurs et autres classes qui me paraissent bien différenciées

    https://s-media-cache-ak0.pinimg.com/564x/3b/31/29/3b312941ab10ef265d51d4f90049e67a.jpg

  • 28 juillet 2016 at 22 h 38 min
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    Hello Mealin ! Pour ce qui est de l’abonnement je fais remonter l’info par Gobelin express, le rédak’chef sera informé de la chose au plus tôt ! ;)
    Pour ce qui est du barbare et du guerrier la différence me parait assez importante. Dans l’idée de guerrier, on garde celle d’un être dit « civilisé » donc dans les jeux, il aura tendance à être vêtu d’armure là où notre barbare se retrouve en pagne. Dans un RPG, là où le barbare sera quasi exclusivement une classe de dégâts, un guerrier peut très bien assumer le rôle de tank…
    Enfin bref, tu comprends mon avis, pour moi les deux figures sont en effet bien différentes !

  • 28 juillet 2016 at 20 h 16 min
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    Sacré listing…

    Je me demande d’ailleurs si la figure du barbare est si différente dans le fond de celle du guerrier dans la plupart des jeux où l’on nous propose le choix.

    PS pour l’équipe du troll : cette fameuse option d’abonnement pour les commentaires, elle s’est perdue en route ? ;) C’est quand même bien plus pratique pour les discussions intéressantes en commentaire !

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