Total War Saga Thrones of Britannia : les trônes musicaux

Total War Saga Thrones of Britannia : les trônes musicaux

On ne présente plus la série Total War, puisqu’on en a déjà parlé, ici, , et . Jeu de stratégie militaire mêlant gestion sur une carte stratégique et affrontement entre des milliers de bonshommes sur une carte tactique, la série s’est récemment lancée en début de mois dans des spin off aux ambitions plus réduites, sous-titrés Saga afin de les départager des épisodes majeurs. Le premier épisode de cette nouvelle mouture, Thrones of Britannia, nous place à la tête d’une nation des îles Britanniques au moment des incursions vikings sur les côtes anglo-saxonnes. Certains se sont même installés, et sont bien décidés à avoir leur part du gâteau.
Mais les questions qui nous taraudent sont simples à défaut d’être basiques : les changements apportés par cette nouvelle formule valent-ils le coup ? ToB est-il un bon Total War ? Les Vikings ont-ils des casques à corne ?

Simple, Basique !

On va la faire rapide, puisque vous avez les bases, sinon je vous invite à cliquer sur les liens plus haut. Du coup, allons à essentiel.
Ce Total War ne révolutionne en rien la série, et possède plutôt une tendance au minimalisme et à la réduction des fonctions problématiques, plutôt qu’à un ajout de nouvelles manières de jouer. Adieu ainsi aux agents et autres espions qui ne servaient plus à grand chose depuis Shogun II hormis à rallonger le temps de jeu de façon artificielle et indécente lorsque venaient les tours adverses. La posture d’embuscade a également disparu du jeu. En revanche, vos armées sont désormais dotées d’une barre de fournitures qui baissent lentement si vos troupes ne se trouvent pas au sein d’une région pouvant leur fournir de quoi se réapprovisionner. Une fois à zéro, vos hommes commencent à déserter.
Gros changement en revanche du côté du recrutement, puisque vos troupes se recrutent immédiatement depuis un pool général, mais à un pourcentage assez faible par rapport à leurs forces maximales. Par exemple, une escouade de 160 bonshommes, au moment où elle rejoint vos rangs, n’en comportera que 30. Cette mécanique simple, ajoutée à la nouvelle ressource qu’est la nourriture, permet la création de bons nombres de situations intéressantes, et de décisions parfois capitales.

Avec une apparence en guest du héros de la saga Taxi ! Saurez-vous le retrouver ?

Comme vous pouvez le deviner, la grande majorité des changements se fait au niveau de la carte stratégique, puisque les provinces et régions ont vu leur organisation totalement remaniée. Si la capitale d’une province peut toujours accueillir un grand nombre de bâtiments, ce n’est plus le cas des petits villages, qui ne contiennent bien souvent qu’une seule chaîne de bâtiments. Et puisqu’on est à la période des raids vikings, ces hameaux n’ont aucune garnison. Il suffit qu’une armée adverse marche dessus pour qu’elle puisse la piller ou s’en emparer.
Ça n’a l’air de rien comme ça, mais la stratégie sur la carte en est grandement modifiée, et jouer certains peuples comme les Vikings rois de mers devient un vrai petit plaisir sadique, à piller et cramer tout ce qui bouge sans jamais trop craindre de représailles. Au final, l’ambiance de cette fin de neuvième siècle foutraque est assez bien retransmise, entre grands royaumes gérant les petites armées qui viennent grignoter leurs frontières, et micro-royaumes cherchant à se faire une place dans la cour des grands.

Wessex turgescent

Du côté des peuples on trouve cinq grands groupes au sein de cet épisode, groupes eux-mêmes divisés en deux peuplades aux zones de départ distinctes.
On trouve pêle-mêle les Gaels, celtiques Écossais ou Irlandais qui peuvent compter sur des lanciers efficaces ; les Anglo-Saxons, qui possèdent la meilleure cavalerie du jeu ; les Gallois, et leurs archers exceptionnels ; les Vikings issus de la Grande Armée et installés sur la côte Est de l’île de Bretagne ; et enfin, les Vikings Rois des Mers, pillards sans scrupules qui lancent des raids à tire larigot pour s’enrichir.
Si chaque groupe de nation est associé à une mécanique de jeu (les Gallois doivent compter sur l’héroïsme, les Anglo-Saxons doivent gérer le fyrd…), on est bien loin de la diversité de gameplay que pouvait apporter un Warhammer avec ses races toutes différentes.
Évidemment, en revenant à un Total War historique, on ne se retrouve qu’avec des humains, et en resserrant la zone géographique, les points communs entre peuple se font d’autant plus évident, particulièrement lors des batailles.

En parlant de ça, si les maps des batailles de siège sont très réussies, on ne peut pas en dire autant des combats qui, passant après ceux d’un Warhammer flamboyant, semblent beaucoup plus fadasses. La tactique du marteau et de l’enclume fonctionne à chaque fois, et il est bien trop rare de voir l’ennemi se sortir les doigts pour tenter des stratégies un tant soit peu surprenantes. En bref, l’IA est encore un peu à la ramasse, ce qui sera sûrement modifié en mieux assez rapidement. Mais pour l’instant, force est de constater que le challenge, comme la surprise, ne sont pas au rendez-vous. Si on retire également la grande diversité des unités qui a su faire la force des derniers Total War, on tombe forcément face à une grosse déception.

Enfin, du point de vue technique, si le moteur commence à être un peu dépassé niveau graphique (on a affaire au même moteur que pour Attila : Total War), il est enfin correctement optimisé, ce qui donne lieu à un jeu sans aucun problème de rame, qui tourne sans soucis et sans perte fracassante de framerate. De ce côté là, Creative Assembly aura mis le temps, mais mieux vaut tard que jamais !

Que penser alors de ce Total War Saga : Thrones of Britannia ? Décevant en ce qui concerne une bonne moitié du jeu, à savoir les combats tactiques en temps réel, il sait se rattraper dans sa partie stratégique, avec ces villages qui changent de main en un rien de temps, forçant les grands royaumes à être extrêmement prudents. Reste tout de même que l’on a affaire à un Total War classique, qui ne révolutionne en rien la série, apportant en revanche une certaine dose de minimalisme. De ce point de vue, le jeu respecte totalement la feuille de route qui était donnée aux épisodes sous-titrés Saga.
Votre appréciation du jeu dépendra quoi qu’il en soit de ce que vous aimez dans un Total War. Si vous cherchez avant tout des combats en temps réel épiques, passez votre chemin. Si en revanche, vous êtes à la recherche d’un Total War sur une période atypique de l’histoire, que vous aimez les Vikings, et la gestion parfois un peu difficile de votre royaume, jetez vous à l’eau et traversez la Manche sans hésiter.

Narfi

Narfi a été accueilli au sein du Cri malgré sa nature de troll des forêts du Périgord, une sous espèce cohabitant rarement avec ses cousins des plaines Limougeaudes (Petrocore constituant la seule exception connue des Trollologues) Crasseux et vulgaire, poète dans l'âme, il aime à rester au fond de la tanière pour lire des bédés et jouer sur son PC, insultant de sa bouche pleine de poulet frit tous ceux croisant son chemin dans les dédales des internets.