Deadpool le film : Une belle histoire d’amour

« Dafuq ? » pourrait être votre première réaction en voyant ce titre qui, à priori, n’a pas grand-chose à voir avec le mercenaire taré qu’est Deadpool. Pourtant, difficile d’utiliser un autre mot : Ryan Reynolds (l’acteur qui endosse le rôle principal) est bien un amoureux du personnage, et c’est grâce à son engagement que nous avons pu (avec Nemarth) profiter de ce film « de super-héros » d’une qualité stupéfiante.

C’est parti donc : après le jeu vidéo et le comic-book, voici venu le temps pour votre serviteur de vous parler de Deadpool le film.

deadpool - coucou

Un public averti en vaut deux

C’était un peu THE nouvelle qui avait pavé la route du succès pour Deadpool le film : le fait que les studios acceptent, après les râleries du public et de Ryan Reynolds, que le film soit « interdit aux moins de 16 ans » aux États-Unis. Un choix osé puisque les autres films de super-héros Marvel sont beaucoup plus accessibles. Les annonces qui avaient suivi continuaient d’aller dans le bon sens, et les trailers complètement délirants qui paraissaient ça et là ces dernières semaines finirent de faire grimper la « hype » : le film allait être grandiose. C’était pourtant pas gagné d’avance, vu qu’il avait été mis sur les rails il y a bien loooongtemps de cela, abandonné, puis repris, puis abandonné, etc…

On avait même eu droit à des affiches spéciales Saint-Valentin, hilarantes quand on connaît bien le coté hardcore du personnage. J’en connais certain(e)s qui ont dû être un poil surpris(es) au début du film…

valentine's day
On y croirait !

Bref vous l’aurez compris, y’avait tout d’annoncé : la violence, la connerie, la volonté de troller, la campagne de comm’ qui a bien fait marrer tout l’internet… Le film allait-il tenir ses promesses ?

Et beh oui.

Adaptation avec un grand A

Au vu des dernières adaptations Marvel et de certains trucs à la qualité passable, on était en droit de serrer nos petites fesses, d’autant que le ratage sur le personnage de Deadpool avait été sacrément brutal dans X-Men origins : Wolverine. Mais là non, c’est vraiment cool. Je vais même foutre les pieds dans le plat direct, allez, je suis comme ça : Deadpool le film est supérieur à pas mal de ses aventures sorties en BD ces dernières années. La faute à quoi ? Et bien je vais vous le narrer de ce pas.

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La série régulière de Deadpool commençait à décliner dans le nawak. Avec Secret Wars, c’est la balle dans la nuque.

Marvel a une plâtrée assez hallucinante de héros. Tous ces gens cohabitent dans le même univers (parfois même dans deux univers différents, avec l’univers Ultimate) et ça fait du monde. Beaucoup de monde. Dont les aventures doivent coïncider les unes avec les autres ou avec le grand évènement du moment qui envoie chier toutes les aventures mineures en cours (ces dernières devant malgré tout être terminées aussi)… Comment s’en sortir avec tout ça sans que ce soit le bordel ? Réponse : c’est impossible et les aventures de Marvel, celles de Deadpool comprises, sont devenues un méga-foutoir. M’étonnerait pas qu’on se tape un reboot général d’ici quelques temps.

Dans le film qui nous intéresse, rien de tout ça. Ultron, les Avengers et tout ? Et bien on en parle pas, probablement pour de simples raisons de droits entre Marvel et la Fox, entre autres. On a juste droit à deux X-Men pour épauler le copain. Deadpool le film dévoile la genèse du personnage, suit sa propre intrigue et évite ainsi la surenchère de références au reste de l’univers Marvel (n’est-ce pas Age of Ultron ?). Cela lui permet, en plus, d’insérer quelques personnages propres à SON histoire, tels que La Fouine ou encore Blind Al (qui, même s’ils ne collent pas exactement à leur version papier, sont pas mal écrits du tout).  Mon petit regret perso est de ne pas avoir vu débarquer le Maître des Corvées (Taskmaster en version originale), un rival et… disons… hum… « ami » de Deadpool, et dont la présence assure toujours des aventures hautes en couleurs et en coups de pute.

taskmaster deadpool
Copains comme cochons, que je vous dis !

On aimera aussi la pulvérisation très régulière du quatrième mur : Deadpool n’aura de cesse de s’adresser directement aux spectateurs puisque, tout comme dans la BD et le jeu vidéo, il a pleinement conscience d’être un personnage fictif (c’est d’ailleurs surement là son plus grand pouvoir). Les références pleuvent, surtout les foireuses, notamment sur Green Lantern (la grosse cata cinématographique avec Ryan Reynolds comme acteur principal) et bien évidemment sur X-Men Origins (où Ryan Reynolds joue un Deadpool… comment dire… raté sous tous les angles). Ça fait plaisir de voir du second degré dans ce genre de productions !

On pourrait ÉVENTUELLEMENT regretter la trop grande place de la love story dans le film. Celle-ci est une excellente excuse au passage Wade Wilson/Deadpool (en plus ça fait raccord avec mon titre) mais reste par la suite prépondérante. Elle « fixe » le personnage de Deadpool, lui qui est censé  être un dangereux psychopathe complètement instable et imprévisible. Bon, c’est un choix scénaristique hein, je suppose que l’équipe du film n’a pas voulu faire too much d’un coup en misant sur l’histoire d’amour comme motivation classique du héros. Franchement ça peut se comprendre, surtout pour le premier essai de Deadpool (rien n’empêche de le faire partir en sucette après, c’est déjà arrivé en comic-book), et puis tout le reste est tellement fidèle que je ne peux pas leur en tenir rigueur. Et quand bien même je leur en tiendrais rigueur, je pense qu’ils s’en branlent, donc ça sert vraiment à rien.

 

Je ne résiste pas à l’envie de vous montrer une bande-annonce

La chair et le sang

Interdit aux moins de 16 ans aux States, aux moins de 12 chez nous, Deadpool le film est-il si gore que ça ? Et bien pas vraiment. Il est certes violent, ça gicle pas mal mais pas autant qu’on aurait pu le penser. Qu’est-ce qui justifie alors une interdiction aussi « sévère » ? Les scènes de sexe ? Elles ne sont pas non plus crues à ce point. Bon vous allez me dire « les deux ensemble, ça fait déjà pas mal non ? ». C’est vrai. Rien que là-dessus, on est bien au-delà de tout ce que les petits copains de Marvel ont pu oser.

Mais, et c’est aussi là-dessus que je dis « merci et bravo » à l’équipe, Deadpool le film a eu la décence de laisser à son héros sa fameuse langue sale et bien pendue. En effet, c’est toujours un délice que d’apprécier des dialogues aussi cradingues mais toujours drôles, remplis de références à la pop-culture entre deux blagues de cul… comme l’original, quoi. Deadpool est grossier, c’est une véritable ordure (notamment avec Blind Al et La Fouine, ce qui est similaire au comic-book à quelques nuances près) et c’est ça qu’on aime.

Mais au-delà de ça (attention, c’est le cri du cœur de Petrocore), le fait que le film soit une réussite et qu’il ait bien marché est un très bon signe. C’est en effet (et j’espère que les studios le verront ainsi, on peut toujours rêver éveillé) une preuve qu’on peut très bien faire un bon film de « super-héros » sans pour autant le passer à la moulinette consensuelle. Voir toute une équipe, Tim Miller et Ryan Reynolds en tête, défendre bec et ongles un personnage qui leur est cher, mener le projet à bien malgré les difficultés, tout ça pour les voir accoucher d’une œuvre de qualité, respectueuse du matériau d’origine et qui EN PLUS marche (vous auriez vu le monde dans la salle, un lundi soir alors que c’était la version V.O.) ! Alors là, les gars, vous méritez les félicitations du jury. Et si le jury veut pas vous les donner et bien moi, Petrocore, petit fan de Deadpool parmi tant d’autres, je vous les donne.

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L’attente fut longue, mais elle valait la peine. Deadpool le film tient toutes ses promesses et réussit en même temps le tour de force de se démarquer de ses petits camarades Marvel en allant jouer dans la cour des grands. Il me semble difficile de lui trouver quelque chose à redire tant le travail qui a été fait là-dessus respire la sincérité et l’éclate totale. Les fans peuvent y aller les yeux fermés : leur mercenaire disert chéri n’a pas été charcuté au scalpel. Quant aux autres, y a pas de souci, ce premier épisode est une très bonne genèse de Deadpool et annonce d’excellentes suites… Oui parce que, au vu des chiffres (132 millions dès sa première semaine d’exploitation pour 58 millions de budget), nul doute qu’il y aura des suites. Seront-elles toutes aussi délirantes et de qualité égale, voire supérieure ? On l’espère. En tout cas, si Wolverine a trouvé son avatar cinématographique en la personne de Hugh Jackman, pour Deadpool y a pas à chier, c’est Ryan Reynolds ! (note : vous trouverez un avis additionnel brutalement spoilateur sur la dernière scène post-générique juste sous cette image)

ryan reynolds movie

Le petit « + » donc sur la scène post-générique : c’est annoncé et un peu prévisible, Cable serait dans l’éventuel deuxième épisode de Deadpool. Ça ne m’enchante guère parce que c’est pas vraiment un personnage que je porte dans mon cœur. Sa capacité à se balader dans le temps et les plans parallèles, ce genre de conneries, prodigue les aventures les plus confuses et pas forcément les plus intéressantes de Deadpool. Mais merde quoi, vous auriez pas pu annoncer le Maître des Corvées plutôt ? 

Petrocore

Tout comme Narfi, Petrocore est issu de la sous-espèce des Trolls du Périgord (d'où son nom). Il se nourrit de tout ce qui passe à sa portée du moment que ça a été cuit dans de la graisse d'oie, voire de canard. Parce qu'il aime le gras, Petrocore est surtout versé dans la musique métal brutale et toutes sortes de produits faisant preuve d'un bourrinisme sans failles ou d'un humour pas fin.

Lâche ton cri

  • 19 février 2016 at 17 h 00 min
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    C’est pour ça que j’ai mis avant « on peut toujours rêver éveillé ». Dans l’idéal, ils vont comprendre ça. Dans la réalité, y a plus de propension à ce qu’ils fassent de la merde.

  • 18 février 2016 at 23 h 43 min
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    Pas encore vu donc difficile de commenter mais je n’en entends que des retours positifs notamment de la part des gens connaissant le perso (ce qui est mon cas). J’aimerai juste rebondir sur ta remarque sur le fait que « les studios verront qu’on peut faire un film de super héros sans être consensuel ». Je pense que ça risque d’être compris de travers par les studios et qu’on va avoir une multiplication de sous-Deadpool avec une avalanche de blagues et/ou jeu avec le spectateur. Après si ça permet d’avoir des films en « Rated » (comme le futur Wolverine ou X-Force) ça peut être cool.

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