Legion, série hallucinée et hallucinante

Le 8 février était diffusé à l’antenne de FX, le tout premier épisode d’une nouvelle série de Super-Héros, Legion. « Encore ?! » me direz vous, légèrement saoulé par l’invasion culturelle de nos amis à collants.  Oui, encore. Mais cette fois, c’est différent (promis c’est vrai).
On avait la version pouet pouet beau gosse qui bastonne avec les séries DC de la CW, on avait les séries Marvel bien sombres, réalistes et viscérales sur Netflix, désormais, il faudra compter sur la version poétique et complètement barrée de FX, qui s’attache à un personnage très particulier de l’univers X-Men, le dénommé Légion.

Très particulier parce que Légion (mais appelons le David), est fou. Schizophrénique aux personnalités très multiples, David est dans les comics l’un des mutants les plus puissants, si ce n’est LE plus puissant. Car chacune de ses personnalités possède un pouvoir spécifique, et bien souvent complètement pété pour la méta actuelle de l’univers (Légion OP, plz nerf).

La série s’attache donc à suivre les déambulations de David, à partir de son point de vue de jeune homme dérangé, depuis sa plus tendre enfance, rythmé par un Happy Jack des plus pertinents, jusqu’à sa vie en asile et sa rencontre avec la belle et traumatisée Sydney Barrett (très jolie référence à Pink Floyd). Mais l’intérêt de la série vient du fait que le personnage de David soit ce que l’on nomme dans le jargon, un narrateur douteux.
Ce qui nous amène donc, dans la structure même du récit, à enchaîner les ellipses temporelles, les hallucinations et autres confusions entre réalité et imaginaire, tout ça sans que l’épisode ne devienne jamais confus. Bien bel exploit, puisqu’on se retrouve du coup avec une série complexe (pas moyen de taper un SMS, j’ai essayé, on comprend plus où on est une fois les yeux de retour à l’écran) et extrêmement bien foutue, qui nous met véritablement dans l’état d’esprit de notre personnage principal. En plus de ça, comme d’habitude chez FX, c’est beau, avec des plans léchés, de la symétrie, des jeux de lumière intéressants et plein d’autres trucs sympas, comme une ou deux scènes dans une ambiance véritablement horrifique qui m’ont fortement rappelé David Lynch.
Sans oublier les performances d’acteurs au diapason, ou encore la bande-son du cool.

Dan Stevens est superbe en mec constamment sous tension

Pilotée par Noah Hawley, déjà responsable de ma série de l’amour Fargo (que Lazylumps a déjà review ici et ici), Legion partait d’entrée gagnante sur le papier, mais nous promet désormais de bien belles choses alors que ce premier épisode d’1h10 ne nous pose que les bases de son histoire et de la psyché chtarbée de son héros. On sent poindre également un élément thématique à la Westworld, avec un héros qui se questionne constamment quant à la réalité de ses interlocuteurs : sont-ils bel et bien réels, ou simplement la projection d’une de ses nombreuses personnalités ?

Abordant la folie de façon poétique, tant dans sa structure narrative que dans sa direction artistique au poil, Legion est une véritable surprise dont on attend désormais beaucoup ! Peut-être à dans quelques mois pour un bilan plus étoffé, en attendant, allez voir ce premier épisode et vous faire votre propre avis, ça ne peut pas vous faire de mal !

Narfi

Narfi a été accueilli au sein du Cri malgré sa nature de troll des forêts du Périgord, une sous espèce cohabitant rarement avec ses cousins des plaines Limougeaudes (Petrocore constituant la seule exception connue des Trollologues) Crasseux et vulgaire, poète dans l'âme, il aime à rester au fond de la tanière pour lire des bédés et jouer sur son PC, insultant de sa bouche pleine de poulet frit tous ceux croisant son chemin dans les dédales des internets.

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